PAQUES 5 B

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure… »

(Jean 15, 1-8)

Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. La beauté a envahi notre univers et a transformé notre vie. Un élan d’amour a surgi de la terre et le tombeau est vide. Il n’a pu retenir le Fils comme il ne peut retenir la vie éternelle. Le Fils s’élance vers le Père entrainant avec lui un monde restauré et une humanité nouvelle. C’est la Vie qui jaillit. C’est l’amour qui survient. C’est la Lumière qui nous traverse. Cet appel touche le cœur et perce l’esprit. Il annonce l’abondance de la grâce et le jaillissement de l’Esprit Saint. Vrai homme, le Christ ressuscité suscite le dynamisme. Vrai Dieu, le Christ irradie notre être et nous élance vers le Père. Nous sommes touchés par la grâce et la grâce, c’est la vie divine en nous, c’est Dieu pour nous. La grâce nous plonge dans la vie trinitaire qui est participation à la communion et aux relations des Personnes Divines. Cette vie divine s’immisce dans nos vies et coule dans nos veines. Nous sommes « branchés » sur le Christ comme le sarment sur la vigne pour donner du fruit en abondance. Vertus, valeurs, morale, dons… tant de fruits apparaissent, ils ne sont que l’expression morale et spirituelle de notre lien vital avec le Christ et par lui, avec le Père dans l’Esprit.

  1. 1. Demeurer en Christ.

La Résurrection n’est pas un événement anodin. Elle ne reflète ni la nostalgie des Apôtres en manque du Maître ni une erreur sur la mort de Jésus. C’est un événement fondamental et dynamique. C’est l’Événement majeur du christianisme qui suscite la foi, fonde l’éthique et entraîne une vie spirituelle profonde. Notre relation au Christ en dépend. Notre relation aux autres et au monde en dépend aussi. La Résurrection vient colorer la vie, et plus, irriguer notre vie aux fontaines de grâce qui jaillissent du Cœur du Christ.

Enracinés en Christ : le Christ est notre Source. Il n’est pas qu’une source d’inspiration même s’il inspire notre vie. Il n’est pas qu’une référence même s’il est la référence de notre vie. Il n’est pas un simple maître spirituel même si notre spiritualité vient de lui. Il est la Source, notre origine et notre avenir. Il est la fondation de l’humain comme de l’univers. Il est Alpha et Oméga. Créateur, il est Rédempteur. Créateur et donc origine. Rédempteur et donc origine d’une vie nouvelle. Nos racines les plus profondes, nos racines ontologiques, sont en lui. On ne lui « échappe » pas, qu’on le veuille ou non, qu’on le sache ou non, qu’on l’aime ou pas.

Fondés en Christ : le Christ est notre vie. Son incarnation est venue bouleverser les relations avec Dieu. Dans les temps anciens, la relation était difficile, extérieure, chaotique. Dans les temps nouveaux, la relation devient possible, intérieure, ontologique. L’incarnation a rétabli les liens rompus en ouvrant à la communion, à l’unité, à l’amour. L’union de l’humain et du divin en l’unique personne du Verbe rend possible l‘unité de l’humanité et de Dieu. Le lien n’est pas externe, il est interne et touche les fibres. L’être est touché pour rejoindre l’Être. La vie divine coule dans notre vie humaine. La Résurrection va porter la communion à son maximum.

Nourris du Christ : le Christ est notre nourriture. Il alimente notre esprit par son Esprit, notre âme par ses dons, notre cœur par son amour, notre corps par les sacrements. En communiant au Corps et au Sang du Christ ressuscité, nous goûtons à la nourriture céleste, celle qui donne la vie éternelle, celle qui nous identifie à Lui, celle qui suscite la grâce. Enracinés en Christ et fondés en Lui, nous nous nourrissons de Lui pour vivre de sa vie et agir en sa Personne. Pouvons-nous rompre un lien si intime et si profond ? N’est-ce pas nous acheminer vers une mort certaine ? Notre nourriture, c’est le Christ et le Christ alimente son Corps qu’est l’Église. Il y a une vitalité et une intimité qui font communion et qui donnent sens à notre vie.

Branchés sur le Christ : le Christ est la vigne, nous sommes les sarments. On comprend bien cette image et on sait très bien qu’être détaché du pied de vigne, c’est s’en aller à sa perte. On comprend aussi que la vigne a besoin de soin, de délicatesse, d’une bonne terre et de la lumière. On sait aussi que la vigne a besoin d’être émondée et taillée. Cette taille est nécessaire à sa vitalité. Alors seulement, la vigne peut montrer toute son ardeur. L’énergie passe par la sève. La vie passe dans les sarments. Les fruits en sont le signe éloquent. Sans être « branchés », nous nous asséchons.

Demeurer en Christ est vital : nous dépendons de lui par création mais aussi par rédemption. Nous demeurons en lui par la vie communiquée et par le lien du cœur et de l’être. En Lui seul, nous devenons nous-mêmes.

  1. 2. Demeurer dans l’amour.

Si le Christ est notre tout, si nous restons « branchés » sur lui en permanence au risque, en s’éloignant, de dessécher et de mourir, nous pouvons constater les effets de sa présence et les signes de son amour. Les effets car la vie change à son contact. Les signes car la vie prend du sens en sa présence.

Éthique renouvelée : comment vivre quand le Christ a touché la vie et a insufflé son Esprit ? L’éthique est la recherche d’humanisation par un agir apte et conséquent. L’humanisation passe par des normes morales qui sont en harmonie avec l’être. Encore faut-il s‘entendre sur l’être et donc sur la personne humaine. Si l’être humaine devient personne en devenant fils/fille, alors l’éthique chrétienne sourd de notre lien au Christ et de notre amour pour Lui. L’amour guide l’éthique.

Spiritualité dynamique : comment vivre notre relation à Dieu en vérité ? La spiritualité chrétienne est une recherche de communion avec le Père par le Fils dans l’Esprit. Elle sera possible par le seul Christ, vrai Homme et vrai Dieu, qui a touché notre être en son incarnation et qui a transfiguré notre personne en sa Résurrection. L’amour guide la spiritualité.

Vie ecclésiale sincère : comment vivre en Église comme Corps mystique ? L’Église est le Corps du Christ, uni à sa Tête de façon vitale. Elle est le lieu de la connaissance et de la communion. Elle est sacrement du salut, au sein de laquelle, par les sacrements et dans l’amour, on rencontre Dieu et on s’unit à la Trinité Sainte. L’amour guide l’Église.

  1. 3. Conclusion : une sève nouvelle nous traverse.

Demeurer en Christ pour puiser aux sources du salut et vivre dans l’amour.

Demeurer en Christ pour porter du fruit et témoigner de la vérité.

Demeurer en Christ pour que s’écoule en nos veines sa divinité afin de voir le Père dans l’Esprit.

Demeurer en Christ pour que la Trinité soit adorée et que l’amour soit vécu dès maintenant.

P. Francis

 

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