PAQUES 5 C

« Je vous donne un commandement nouveau »

(Jean 13, 31.33a.34-35)

Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Le bonheur de croire nous envahit car l’amour habite nos cœurs. La Résurrection a ravivé l’espérance et l’amour. Espérance de vie nouvelle, de cieux nouveaux, de possibles. Amour d’un Dieu qui se donne, qui nous accueille, qui permet la communion. Nous ne pourrons jamais concevoir l’immensité de Dieu ni même son amour. Le vertige nous prend car la profondeur d’un tel amour est vertigineuse. De fait, « Amour » est son nom. Notre Dieu s’est révélé dans le mystère de son Être à travers le Christ. Pouvait-il faire autrement ? Par étapes successives, pas-à-pas, pédagogiquement… à travers des personnes, des événements, des mots… à travers le visage du Christ, sa vie, sa mort et sa Résurrection. Un cri de joie a jailli du tombeau : Il est vivant. Dieu est Père. Il est Amour. Il est Trinité. Plus rien, désormais, ne retient les disciples et les croyants : annoncer cette merveille devient impératif. Partageons ce que nous avons reçu et vécu. L’expérience pascale est au cœur de la réalité, au cœur de la foi, dans l’amour.

  1. 1. La glorification du Fils dans l’amour.

La croix a été un drame. On ne peut le nier. Un choc et même un traumatisme pour les disciples. Comment celui qui devait libérer Israël s’est-il retrouvé sur la croix ? Comment le Messie pouvait-il lamentablement échouer ? Le matin de Pâques a pourtant éclairé d’un jour nouveau ce drame. Il a donné du sens à l’événement. Il a percé le mystère du Christ et le secret de Dieu. A Pâques, on plonge dans le puits sans fond de l’amour. La croix est alors la glorification du Fils.

« Le Fils de l’homme est glorifié » : il est difficile d‘admettre la croix comme glorification. Elle reste une étape traumatisante pour les croyants. Péchés, rejet, souffrance, mort… sont les maîtres mots du Vendredi Saint. Et pourtant ! St Jean nous parle, quant à lui, de la  crucifixion  comme d’une glorification. Surprenante approche mais approche décisive. Au-delà de la récupération ou de l’illusion, il voit dans le Crucifié la manifestation de l’amour du Père. La croix est alors un trône de gloire. Alors, la souffrance est salvifique. Alors la mort est ouverture sur la vie. Le péché est pardonné car l’amour a vaincu. La gloire du Christ est la gloire de Dieu et notre propre gloire.

« Dieu est glorifié en lui » : Dieu peut-il être glorifié par la mort ignominieuse du Christ ? Ou, tout simplement, la mort peut-elle glorifier Dieu ? Il semble que Dieu ait renversé la situation. La mort était une étape « naturelle »  de la vie qui ouvrait sur l’Autre. Par le péché originel, elle est devenue une étape dramatique et effrayante. La Christ a rétabli l’équilibre par sa propre mort. De douloureuse et effrayante, elle devient une entrée dans la vie éternelle grâce à la Résurrection. Ainsi, Dieu est glorifié par le Christ obéissant et fidèle, obéissant jusqu’à la croix, jusqu’à la mort. Dieu est glorifié par l’amour de celui qui meurt dans l’espérance et la confiance. Dieu est glorifié dans l’unité du Crucifié et la communion des Personnes Divines.

« Il le glorifiera encore » : on comprend que la Croix n’est pas la fin de tout. Elle est une étape décisive de la vie du Christ, son moment de vérité. Toute son humanité s’exprime par la douleur et l’espérance, dans l’amour. Toute sa divinité s’exprime par sa glorification. C’est l’amour qui fait le lien entre l’humanité et la divinité du Christ. C’est l’amour qui harmonise et permet de franchir l’étape. C’est l’amour qui est la voie du salut car l’homme est capable d’aimer jusqu’au sang et Dieu est amour par essence jusqu’au bout. L’amour, encore et toujours !

La Résurrection a donné le sens de toute la vie du Christ mais surtout de l’événement pascal. Nous ne sommes pas le peuple du Vendredi Saint mais le peuple de Pâques qui assume le Vendredi Saint. Par-delà la dramatique du Vendredi, il y a les lueurs de Pâques. La lumière est déjà présente sur la croix car la croix illumine le monde et révèle l’amour de Celui qui meurt et de Celui pour qui il meurt. La croix, c’est l’amour en acte pour une humanité bien souvent aveugle et pécheresse mais capable de Dieu, capable d’aimer.

  1. 2. L’amour comme glorification des disciples.

Comment être disciples du Christ ? Comment le suivre en vérité ? Comment rendre un culte à Dieu après Pâques ? Les disciples du Christ n’ont d’autre voie que celle de l’amour. Il n’y en a pas d’autre. C’est la voie du Maître, c’est le chemin du Seigneur, c’est la route du Royaume. On reconnaîtra les disciples par l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. La vie communautaire, paroissiale, ecclésiale, familiale, matrimoniale, religieuse… devrait exprimer concrètement cette vérité. L’amour, qui est Dieu, est au cœur de la vie.

S’aimer les uns les autres : l’unité se fait dans l’amour. Le respect des différences et l’accueil de l’autre différent ne sont possibles que dans l’amour. La Trinité est notre modèle : Un par nature, Dieu est Trinité de Personnes. Cette vision trinitaire nous oriente dans la vie. Le couple, la famille, l’Église et même la société en tirent profit et constance. C’est la base sur laquelle construire. L’amour est vérité et justice. L’amour est pardon et créativité. L’amour a de l’avenir.

« Aimez comme je vous ai aimés » : ce fameux « comme » utilisé par Jésus est fondamental. L’amour n’est pas la passion, le sentiment, le frémissement même s’il y a dans l‘amour de la passion, du sentiment, des frémissements. L’amour c’est le don de soi, c’est l’enracinement dans l’être, c’est le fondement anthropologique véritable. Et même si parfois on se trompe, c’est toujours l’amour qui est recherché et désiré. Jésus est donc un modèle à suivre, un exemple à imiter, le chemin véritable. Il a montré la voie et cette voie, c’est celle du Ciel et donc du Cœur de la Trinité. Aimer comme Jésus c’est aimer comme le Père, c’est aimer jusqu’au bout de soi, c’est entrer dans le mouvement éternel de la Trinité, c’est danser sur le monde, avec l’univers, dans la joie de l’Esprit Saint.

  1. 3. Conclusion : aimer comme Lui

Jésus a été glorifié : Pâques a montré son identité et sa gloire divine. Même la croix est emportée dans ce mouvement éternel auquel rien ne résiste.

Jésus a glorifié le Père : Pâques a montré l’Être de Dieu et son amour. Amour est son nom. Sans amour, Dieu serait un épouvantable bourreau et un égoïste assoiffé de sang. Il n’en est rien car on comprend tout dans l’amour.

Jésus est glorifié dans ses disciples : tout cela pour nous, parce qu’il nous aime et nous veut avec lui. Volonté divine qui remonte aux origines, rejeté par Adam (l’homme pécheur). Volonté accueillie par Marie et Jésus.

Jésus est glorifié par ses disciples : l’amour est le signe de la présence divine dans l’Église.

P. Francis

 

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