PAQUES 6 C

« Chez lui, nous ferons une demeure »

(Jean 14, 23-29)

Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Le Ciel s’est ouvert pour nous inviter à la communion. Dieu désire cette communion qu’Adam a tenté de ravir alors qu’elle lui était proposée. Le diable n’a pas voulu cette communion et a cherché à détourner les créatures du Créateur. La tentation nous a éloignés de Dieu et le péché a coupé les ponts. Mais Christ est ressuscité et tout désormais est rétabli. Tout est possible. Ce qui était proposé l’est encore et encore plus. Dieu, par son Fils, nous introduit dans les relations trinitaires. Il fait de nous ses fils et filles. La victoire du Christ est là : le péché est pardonné, la distance est supprimée, la communion est donnée, le Ciel nous appartient, par pure grâce, par amour. La déconfiture du diable est grande : alors qu’il voulait que les relations rompues soient infranchissables et qu’il a suscité l’hostilité contre le Christ au point de le faire tuer, Dieu a ressuscité Jésus et nous a donné la vie divine. L’éternité est à portée de mains. L’amour nous attend. La Trinité est communion. Le « risus paschalis » (rire pascal) est grand : un grand éclat de rire couvre le matin de Pâques, le diable est défait, l’amour a vaincu.

  1. 1. L’inhabitation trinitaire.

La Résurrection a ouvert des possibles immenses. Non seulement le péché est défait et pardonné, non seulement la mort n’est plus un passage dramatique, non seulement la révélation se fait lumière, mais plus encore, Dieu vient demeurer chez nous, en nous. Le nouveau temple, c’est l’Homme. Le royaume est en l’Homme. Le Ciel est dans le cœur de l’Homme. Le Ciel, c’est Dieu lui-même. Dieu est Trinité. La Trinité vient en nous pour s’y établir comme dans le plus beau palais, comme sur le trône le plus haut, comme son bien le plus précieux. Que de conséquences spirituelles, anthropologiques et éthiques que cette présence divine en l’Homme ! Là sont les Droits de l’Homme, là est le siège de la morale, ici nous construisons un monde juste et humain.

Le Père et le Fils sont Un : Pâques a révélé une vérité désormais incontournable : Jésus est le Fils de Dieu. Dieu n’est donc pas un monolithe froid et éloigné, capricieux et intransigeant. Dieu n’est pas une idée éphémère ou une projection malheureuse. Pâques nous délivre de toutes ces conceptions fallacieuses et douteuses car il nous entraîne vers le renouveau, vers l’incroyable, vers le dépassement. Fils de Dieu, le Christ n’est qu’un avec le Père. On le sentait déjà, Pâques l’a confirmé. Dieu est Un, il n’y a pas à douter de notre monothéisme. Dieu est Trine, il n’y a rien contre l’unité. Au contraire, l’unicité de Dieu gagne en profondeur. C’est ce Dieu là qui vient chez nous, en nous.

Le Père et le Fils spirent l’Esprit : Pâques a révélé une autre vérité incontournable : Dieu est Père. Dieu n’est donc pas un célibataire endurci ou un Être supérieur lointain. Il est Père et nous aime par le Fils dans l’Esprit.  Le Père et le Fils ne font qu’un dans l’Esprit. L’Esprit est l’amour du Père et du Fils. Il est « spiré » par le Père et le Fils et cette « spiration » est l’amour. Pâques nous déverse toutes les grâces de l’Esprit et tout le bonheur d’aimer. Loin de nous l’idée de faire de l’Esprit un pigeon voyageur ou une énergie cosmique. L’Esprit est Personne Divine. L’Esprit est Force divine, Sagesse et Lumière. C’est en lui et par lui que la Trinité se laisse découvrir et qu’elle vit dans l’unité de l’amour. C’est ce Dieu là qui vient chez nous, en nous.

Le Père et le Fils habitent en nous dans l’Esprit : Pâques a révélé une autre vérité incontournable : Dieu habite en nous. Malgré le péché et les faiblesses, nous sommes sa demeure. Malgré nos distractions et nos peurs, nous sommes Temple de Dieu. Ce corps mortel et faible, contingent et fragile, a reçu par la Résurrection la force nécessaire pour « porter Dieu », pour « porter la lumière », pour « recevoir l’Esprit divin ». Comment comprendre ce don si grand, cette grâce si haute, cette beauté sans mesure ? L’amour divin, bien sûr. Pâques nous délivre de la peur, des limites, de l’horizon mondain. Pâques nous entraîne vers le haut, vers la sagesse, vers la force. Pâques nous donne cette espérance si grande et si puissante que la créativité, la perspicacité et la liberté sont les tenants de la morale et de la spiritualité chrétienne. Dieu vient chez nous, en nous.

La Résurrection nous a plongés dans l’amour trinitaire, un amour éternel, de communion. Les Personnes Divines s’aiment et se donnent. Nous sommes invités à partager cette réalité, maintenant et dans l’éternité. Toute la Trinité vient habiter en nous et y demeurer. Nous sommes, par définition et grâce, la demeure du Très-Haut, les Vases choisis pour porter la Beauté, la Bonté et la Sagesse. Nous sommes le temple très saint de la Très Sainte Trinité.

  1. 2. L’action de l’Esprit Saint.

Cette inhabitation est vraie et réelle. C’est l’Esprit qui parle au cœur et qui prie en nous. C’est lui qui ouvre la conscience à cette présence. C’est lui qui agit pour que nous soyons ce que nous sommes. L’Esprit est le moteur de la vie spirituelle et morale, de la vie ecclésiale et familiale. Il devrait inspirer la vie sociale et politique. Il est la force de Dieu qui anime, construit et produit le bien.

Esprit Défenseur : l’Avocat, le Paraclet, le Défenseur… autant de noms pour définir celui qui agit en nous au nom du Fils pour la gloire du Père. L’Esprit nous est donné pour vivre de la joie pascale et nous unir à la Trinité. Alors qu’il soude le Père et le Fils, il soude l’Église à son Seigneur et les membres de l’Église entre eux.

Esprit Enseignant : l’Esprit enseigne et rappelle. Il invite à la profondeur et à la nouveauté. L’Esprit ravive la flamme de l’amour et nous embrase d’amour pour Dieu et pour les autres. Ainsi, nous savons. Ainsi, nous comprenons et nous croyons. L’école de l’Esprit est fondamentale car elle enseigne la vie, la vérité et la sagesse. Écouter l’Esprit c’est accueillir la Parole de Dieu.

Esprit Créateur : l’Esprit est à l’origine du monde, de la création et de la recréation. Il connaît les secrets de Dieu, certes, mais aussi le sens de l’univers et la vérité de l’être humain. Son écoule est nécessaire pour entendre la Parole et pour comprendre l’existence. Il parle au cœur de la prière et suscite la foi, la charité et l’espérance. Il est Dieu en nous.

  1. 3. Conclusion : unité et communion.

Pâques a ouvert l’esprit et le cœur à la nouveauté absolue de Dieu : la divinité du Christ, la paternité de Dieu, la Trinité Divine, la filiation adoptive.

Pâques a permis une nouvelle étape dans nos relations avec Dieu : Dieu vient habiter en nous. S’il est notre Créateur, il est aussi notre Rédempteur. Note cœur est son temple, sa gloire est en nos vies.

Pâques a donné libre court à l’action de l’Esprit. Il agit en nous. Il nous identifie toujours plus au Fils pour contempler le Père et vivre en enfants de lumière. Tout est grâce.

P. Francis

 

This entry was posted in Année C, Français, Père Francis, Saison de Pâques. Bookmark the permalink.