ORDINAIRE 15 A

« Des graines sont tombés au bord du chemin… »

(Mat 13, 1-23)

On nous appelle quelque fois les ‘gens du livre’. Il semble que notre Ecriture Sainte façonne notre existence et que notre relation à elle est une relation de subordination. Suivons-nous l’Ecriture à la lettre ? Devons-nous appliquer les commandements sans récriminer ? Sommes-nous finalement esclaves des mots et des phrases ? Nous sommes d’abord les disciples du Christ et par lui, les enfants du Père. Le Christ est le Verbe de Dieu. Par sa parole, il nous révèle le Père et nous donne son Esprit Saint. La Bonne Nouvelle n’est pas un livre, c’est le Christ lui-même. Il est Bonne Nouvelle, Parole de Dieu, Sagesse Divine. Il nous interpelle et nous renvoie à notre conscience et donc à notre liberté et à nos choix. Sa Résurrection est lumière dans nos vies et révélation ultime du Dieu d’amour, Trinité qui se donne en communion. Il nous faut du temps pour accueillir cette Bonne Nouvelle, pour entrer dans l’intimité de Dieu et donc, pour faire briller la beauté de notre humanité renouvelée en lui. Ouvrons nos cœurs à la Parole, le Christ Jésus, Fils de Dieu et frères des hommes, Homme et Dieu pour notre salut et la communion trinitaire.

  1. 1. La Parole de Dieu dans nos vies.

La parabole du semeur (Mat 13, 1) interpelle notre relation aux Ecritures mais aussi notre attitude religieuse. Nous risquons de nous contenter de la lettre et d’oublier l’esprit qui anime les Ecritures. Les Ecritures sont la compilation d’événements, de réflexions, de prières, de récits… qui ont fait vivre les croyants. Ils y avaient reconnu l’action de Dieu dans leur histoire communautaire ou personnel. Ils y avaient vu les traces de l’amour dans les moments les plus significatifs de leur existence. Si ces textes ne sont pas exempts d’erreurs historiques ou de réinterprétations, d’exagérations ou d’extrapolations, il n’en reste pas moins qu’ils expriment une vérité religieuse qui nous concerne. Dieu se dit à travers eux et prend le risque de notre histoire et des excès de langage pour se faire connaître. Il ne se ferme toutefois pas dans des mots ou des événements car il est éternel. Et pour éviter d’idolâtrer un texte, il nous envoie son Fils. La Parole prend le visage du Christ pour dépasser les mots et nous plonger dans les yeux du Père par l’Esprit qui s’exprime dans l’amour.

Une Parole qui interpelle : quand nous risquons de nous endormir, la Parole nous interpelle et réveille notre enthousiasme amoureux. Dieu ne laisse jamais rien pour acquis, il nous entraine vers le haut pour que nous atteignons le Ciel en emportant la terre. La Parole ne nous laisse jamais indifférents car elle touche le sens de notre existence et le cœur de la vie.

Une Parole qui relève : quand nous risquons de désespérer ou de sombrer dans la solitude ou la résignation, la Parole nous interpelle et réveille la vérité enfouie en nous. Dieu ne nous laisse jamais dans des situations extrêmes ou désespérées. Il ne nous laisse pas sombrer. Il vient nous cherche là où nous sommes et là où nous en sommes. Rien ne le répugne de notre humanité si ce n’est le refus de l’amour qui est l’Esprit. Son Fils Jésus nous la montrer : sa mort et résurrection en sont la preuve.

Une Parole qui illumine : quand nous risquons de nous enfermer dans le mal ou le péché ou quand des idées étranges nous assaillent, la Parole nous interpelle et réveille notre conscience. Dieu nous parle au cœur et nous dit des mots pleins de tendresse. Il nous parle de vie quand nous marchons vers la mort. Il nous parle d’amour quand nous sombrons dans la violence ou le désarroi. Une lumière est allumée en nous qui ne s’éteint jamais et qui veille. Elle s’enflamme à l’improviste pour nous rappeler à la vie.

Une Parole qui libère : quand nous prenons le risque de l’esclavage ou de l’aliénation, la Parole nous interpelle et nous réveille à la liberté. La liberté n’est-elle pas la plus difficile à acquérir ? Il est si facile de se rendre esclave ou si facile de prendre l’esclavage pour de la liberté. Dieu nous veut libres et debout, ouverts aux autres et à la transcendance,  ouverts à son amour et à la vie. Il veut des fils et des filles qui lui répondent en liberté dans l’amour. Sa Parole nous rend libres car le Christ est libre. Elle fait de nous ses fils comme le Christ est Fils. Elle ouvre à une relation filiale libre et non à une relation de soumission ou de subordination craintive.

  1. 2. La Parole qui féconde notre humanité.

La Parole de Dieu est divine, certes, mais vient surélever notre humanité. On pense quelque fois qu’elle est trop exigeante ou trop dure pour nous, pauvres mortels. On se cache derrière nos limites et nos faiblesses pour reporter ou retarder notre conversion ou notre renouvellement. Elle est à notre portée, elle vient féconder la terre (Isaïe 55, 10-11) et notre cœur.

Parole divine : elle est efficace et féconde. Elle est beauté et renouveau. Elle est intimité et mots d’amour. Elle est surtout une Personne, le Fils qui dit et agit par l’Esprit et dévoile le Père. La Parole de Dieu est ‘action’ de la Trinité toute entière qui résonne dans nos cœurs en attente d’amour.

Parole divine qui nous rend plus humain : elle atteint nos cœurs et touche notre être profond. Elle nous façonne pour faire de nous des hommes et des femmes selon le dessein de Dieu : personnes ouvertes à l’autre et vivant de l’amour, personnes relationnelles qui deviennent elles-mêmes dans la relation filiale et fraternelle, personnes aimées et aimantes qui font de l’amour le tout de leur existence, personnes appelées à l’éternité  dès maintenant et qui reflètent une lumière jaillissant  de leur vie de communion. La vie spirituelle d’aujourd’hui est  l’entrée dans la communion trinitaire. On est vraiment fils/fille quand on est homme/femme. Mieux, on est vraiment des hommes et des femmes quand on est fils et filles du Père par le Fils dans l’Esprit. Notre filiation divine est notre véritable humanité. Dieu serait-il donc notre ennemi ? Il est notre Père, tout simplement et le Christ nous le redit par son Esprit prodigué en abondance sur le monde (Romains 8, 1-23).

  1. 3. Conclusion : Parole d’amour !

On a peur parfois de la Parole de Dieu parce qu’on ne la connaît pas. Ouvrir le Livre sacré nous paraît difficile et déconcertant. On craint de se perdre ou peut-être de devoir changer. Mais craint-on à ce point l’amour ? A travers ces textes anciens, il y a des mots d’amour et de tendresse, des mots de pardon et d’encouragement, des mots lumineux et bouleversants. Dieu se dit et ouvre son cœur !

On a  peur de la Parole de Dieu parce qu’on n’est pas prêt. Ouvrir le Livre sacré est une aventure émouvante qui demande certes étude et réflexion mais surtout ouverture du cœur et regard de tendresse : voir au-delà des mots, entendre par-delà les images, toucher l’invisible avec nos doigts…

On a peur mais le Christ vient à notre rencontre. Et pour ne pas s’enfermer dans les mots, on a quatre évangiles qui parlent de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle : le Christ. C’est lui la Parole, le Verbe de Dieu. Sa Parole est bonté et beauté, amour et bonheur. Parole du Père, du Fils et de l’Esprit, Trinité qui partage sa vie et invite à la communion. Lâchons prise et entrons dans la danse.

P. Francis

 

This entry was posted in Année A, Français, Père Francis, Temps Ordinaire II, Uncategorized. Bookmark the permalink.