PAQUES 3 B

« C’est bien moi »

(Luc 24, 35-48)

Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. La joie nous inonde et nous transforme en enfants de lumière, en témoins de l’amour, en apôtres de la miséricorde. Qui pourra nous ravir cette joie et cette espérance ? Qui pourra nous arracher des bras du Christ ? Qui pourra éteindre cette flamme qui brûle en nos cœurs ? La victoire du Christ est puissante et éternelle. Il est le Fils et le Père l’accueille dans la gloire. Il donne l’Esprit de vérité pour atteindre les profondeurs de Dieu et la grandeur de sa miséricorde. En nous, une voix rappelle la merveille : « c’est bien moi » ! Il est là au cœur de nos vies et de nos œuvres, au centre de la foi et de l’amour, au sommet de nos existences lancées vers le haut, vers l’amour trinitaire. Par Lui, nous connaissons le Père et nous vivons de l’Esprit. En Lui, nous agissons en fils et filles. Avec Lui, nous louons le Père et rendons grâce pour tant de biens. La Résurrection a changé notre vision des choses et a ouvert le Ciel. Elle a ouvert nos yeux pour voir le Seigneur au milieu de nous par ses signes de vie qui nous plongent dans l’amour. Il est bien présent dans son Église et dans nos vies.

  1. 1. Reconnaître le Ressuscité.

Jésus ressuscité se laisse voir et se laisse toucher. Sa présence est une Présence réelle, efficace, profonde. Elle touche nos vies et nos cœurs. Elle éclaire notre pensée. Elle oriente nos actions. En effet, le Fils est parmi nous, plus présent que jamais par son Esprit de vie. Il a laissé les traces de sa présence parmi ses disciples. Aidés par l’Évangile du jour, voyons quelles sont ces traces.

La Fraction du pain : les disciples d’Emmaüs, cheminant avec le Christ, ne le reconnaissent pas avant un geste fort, symptomatique, efficace, la Fraction du pain. Ce geste va ouvrir leurs yeux et révéler sa Présence. Il a été instauré par Jésus lui-même à la Dernière Cène. Il est à peine connu mais il devient signe. Ce geste est repris au cours de la messe. On rompt le pain avant la communion. Pain rompu pour notre nourriture et pour la communion. Le Fils nous a laissé le signe éclatant de sa Présence dans l’Eucharistie. Ce pain et ce vin consacrés par l’Esprit sur les paroles de Jésus reprises par le prêtre deviennent véritablement le Corps et le Sang du Christ ressuscité. Depuis 2000 ans, l’Église garde jalousement ce trésor. Elle préserve sa foi et entoure la messe d’un grand respect. C’est le lieu par excellence de la Présence du Christ. Et là où est le Christ, là habite le Père et là agit l’Esprit Saint. La messe est une action trinitaire.

La Parole de Dieu : Jésus rappelle l’importance des Écritures. « La Loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes » ont préparé sa venue et ont déjà explicité sa mission salvifique. Il nous faut reprendre les Écritures et scruter les paroles et gestes prophétiques afin d’y voir l’annonce du Christ et la miséricorde du Père. Rappelons-nous que le Verbe de vie s’est fait chair. Le Fils est ce Verbe éternel qui nous introduit dans l’intimité de Dieu. Quand nous lisons l’Écriture au cours de la messe, la Parole est annoncée, proclamée, vérifiée. Quand nous lisons l’Écriture personnellement ou en communauté, la Parole se révèle et nous redit l’amour de Dieu. En Église, par la transmission apostolique, l’Écriture est vérité car le Fils est la vérité du Père dans l’Esprit. Lire la Parole de Dieu, en vivre, est une action trinitaire.

La communauté-Église : Jésus apparaît au milieu de ses disciples. Il est soudainement là et se fait reconnaître par eux. Présent à tout temps et à tout espace, présent à tout point de l’univers en sa divinité enfin manifestée, le Christ nous précède et nous entraine. Il est le Chef de la communauté et la Tête du Corps. Son Corps, c’est l’Église et l’Église suit son Seigneur dans la louange éternelle du Père. On peut affirmer avec certitude que l’Église est le lieu de la Présence du Christ et le meilleur lieu de sa manifestation car elle regroupe tous les croyants, tous les frères et sœurs de Jésus, tous les fils et filles de Dieu dans la force de l’Esprit. Au-delà des illusions de perfection, l’Église est sainte parce que sa Tête est sainte. Ensemble, nous témoignons du Christ et, en aimant, nous rendons véridique notre témoignage. L’Église est l’icône de la Trinité.

Le Corps du Christ : on s’étonne que Jésus ressuscité se laisse toucher. Il invite même les disciples à le toucher. Il montre ses mains et ses pieds. Il mange avec eux… C’est bien lui, le Jésus de l’histoire qu’ils ont connu mais c’est aussi le Fils de Dieu qu’ils reconnaissent. On ne peut donc séparer le Jésus de l’histoire et le Jésus de la foi : c’est le même Christ et Seigneur. Le fils de Marie est le Fils de Dieu. Le charpentier de Nazareth est le Seigneur ressuscité. Son corps ressuscité échappe désormais à nos lois physiques mais il est transfiguré pour accueillir l’univers et nous unir à lui. Toucher Jésus est possible à travers les signes qu’il a laissés et à travers les pauvres que nous servons. Notre amour reflète l’amour trinitaire.

On peut reconnaître le Ressuscité dans des gestes et des lieux qu’il a choisis. L’Eucharistie, célébrée en communauté, en est le plus bel exemple : présent dans la communauté rassemblée, dans la Parole proclamée, dans la Fraction du pain partagée, le Fils nous entraine dans la glorification du Père par l’Esprit en nous unissant à son Corps glorieux.

  1. 2. Témoins du Ressuscité.

Reconnaître le Christ est important pour notre vie spirituelle et communautaire, encore faut-il en témoigner et partager sa mission de salut. Le Christ envoie ses disciples annoncer le Bonne Nouvelle, accessible par la conversion et le pardon et vécue dans l’amour. Nous sommes les mains et les pieds du Christ pour accomplir ses gestes de miséricorde et de pardon.

Enracinés sur la foi des Apôtres : on ne dira jamais assez que c’est sur la foi des Apôtres que la foi s‘est diffusée. Ils ont vu et touché le Christ. Ils l’ont vu ressuscité après sa crucifixion. Ils ont reçu leur mission de sa bouche. La Tradition apostolique est donc nécessaire pour être disciples du Christ. Elle certifie la continuité mais aussi l’efficacité spirituelle.

Témoins de la Résurrection : les Apôtres sont envoyés car ils ont vu le Seigneur ressuscité. C’est cette joie qui les a transportés et les a rendus vaillants.  C’est l’amour du Christ qui en a fait des martyrs, vrais témoins de la vérité. C’est la vie en Christ qui les a rendus libres.

  1. 3. Conclusion : L’Esprit surabonde

Jésus se laisse voir et toucher : il est présent parmi ses disciples comme il est encore présent dans l’Église. Des signes sont là pour le manifester.

Jésus envoie ses disciples de par le monde pour témoigner de la Résurrection et ainsi de la possibilité d’une vie nouvelle en Lui. Le pardon est annoncé. Sa miséricorde est celle du Père par l’Esprit. La Trinité nous précède en tout. Son amour est infini.

Bonnes fêtes de Pâques.

P. Francis

 

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