FÊTE-DIEU, CORPS ET SANG DU CHRIST

« Prenez, ceci est mon corps…ceci est mon sang »

(Marc 14, 12-16. 22-26)

Nous avons célébré la fête de Pâques pendant 50 jours et nous poursuivons notre expérience pascale par la fête de la Très Sainte Trinité puis aujourd’hui, par la Fête-Dieu, le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Il aura fallu la lumière de Pâques et l’Esprit Saint pour plonger dans le mystère trinitaire. Il faut encore la grâce pascale et la force de l’Esprit pour pénétrer le mystère de ce Sacrement sublime et merveilleux appelé «  Fraction du pain, Eucharistie, Messe, Saint Sacrifice, Saint Sacrement… ». Les 7 sacrements sont des signes tangibles  qui montrent le mystère, des signes visibles qui ouvrent sur l’invisible, des moments et des choses qui portent Dieu et donnent la grâce divine. Nous communions avec tous nos sens à la présence du Ressuscité et nous entrons dans la sphère divine, pas si éloignée que ça de notre sphère quotidienne. Le Corps et le Sang du Christ célébrés et reçus, adorés et consumés, sont le don le plus précieux que nous ayons, le vrai trésor de l’Église, la richesse de sa Tradition et le lien le plus étroit avec la Sainte Trinité. Par le Christ, nous louons le Père dans l’Esprit Saint. Le Ciel et la Terre s’unissent dans cette sublime action de grâce.

  1. 1. Présence réelle.

Depuis 2000 ans, l’Église a gardé précieusement ce qu’elle a reçu et ce qu’elle transmettra encore. La Tradition Apostolique est claire : la Fraction du Pain est le signe de la présence du Ressuscité dans la communauté chrétienne. Elle est force, nourriture, vitalité. Elle est adoration, contemplation, participation. Elle est communion et partage. Nous entrons dans un mystère merveilleux et admirable, celle du don et de l’amour.

Pain et vin consacrés : à la suite du Christ, nous prenons du pain et du vin. Comme lui, nous l’offrons au Père pour qu’il rende présent par l’Esprit Saint le Christ glorifié. Comme les disciples, nous mangeons et buvons ce qui est devenu, par la puissance divine, le Corps et le Sang du Christ. Nous accomplissons ce que le Christ nous a enseigné et ce que les Apôtres ont transmis : nous ne répétons pas la Dernière Cène, nous partageons la Dernière Cène, nous y sommes présents par l’éternité divine et la gloire de la Résurrection. Le Christ s’est sacrifié une fois pour toute : nous en recevons ses grâces. Merveille que de dépasser le temps et l’espace ! Merveille que de toucher le Corps du Christ glorieux !

Présence sacramentelle : à la suite de l’Église émerveillée, nous croyons en la présence réelle du Christ quand le prêtre a prononcé les paroles du Christ et quand il a invoqué l’Esprit Saint pour la gloire du Père. Sous les espèces  qui ne changent ni de goût, ni d’apparence, ni de couleur… la substance se transforme et rend présente la divinité. Nos yeux ne voient rien. Nos cœurs perçoivent quelque chose. Notre âme est sublimée. Notre personne est transfigurée. Je ne touche plus un morceau de pain mais je reçois à ce moment-là le Roi de l’univers et le Seigneur des mondes, le Fils bien-aimé du Père. En lui, j’accède à la communion trinitaire car le Père et le Fils ne peuvent être séparé dans l’Esprit Saint. Merveille que de passer du matériel au spirituel, de la matière à l’esprit, du limité à l’infini ! Merveille que nous puissions recevoir Celui que nul ne peut voir et que l’univers ne peut contenir !

Sacrement d’unité : à la suite de l’expérience séculaire des croyants, l’Eucharistie assure l’unité de l’Église et ouvre le chemin vers le Royaume de Dieu. Cette unité est fondamentale car elle touche l’être personnel et la communauté. Par la foi, l’espérance et l’amour, nous percevons l’Unité de la Trinité, l’unité de la Personne humano-divine du Christ, l’unité du Corps mystique qu’est l’Église. Cette unité se reflète dans nos vies et dans nos personnes. Nous sommes Un,  bien que composés de différents éléments. L’Église est Une parce que composée de différences. Dieu est Un parce qu’il est Trinité. On comprendra que l’unité est à préserver et à chérir. On comprendra aussi que celui qui déchire le Corps du Christ ne peut être admis à la communion comme celui aussi qui se déchire lui-même ou se noie dans son péché. Merveille que cette unité ecclésiale qui reflète l’unité trinitaire ! Merveille que si nombreux, nous ne sommes qu’un seul Corps, celui du Christ ressuscité.

L’Eucharistie célébrée et consumée est le don du Christ à son Église. Il se rend présent de façon mystérieuse mais réelle. Il se donne comme nourriture sur le chemin du Ciel. Il ouvre le Cœur de la Trinité pour s’y reposer par Lui. C’est la communion maintenant et pour l’éternité.

  1. 2. Présence aimante.

Pourquoi tant de grâce ? Comment est-ce possible ? On chavire devant tant d’amour et de bonté. Comment imaginer un Dieu plus proche et plus aimant que Celui qui se donne en nourriture spirituelle et qui nous attire à Lui ? La messe est l’acte le plus pur et le plus noble de notre religion, le moment le plus intime et le plus glorieux de notre spiritualité, la présence la plus claire et la plus extraordinaire de notre Dieu. Seul l’amour peut nous convaincre.

Aimer jusqu’à se donner : le Christ s’est donné avec tout son amour et par amour pour notre salut. Son sacrifice a été accepté et nous a valu le pardon et la grâce. Seul Dieu pouvait nous transformer à ce point. La Résurrection est le signe par excellence de cet amour sans limite qui nous submerge et nous entraine dans le Cœur de Dieu. L’Eucharistie est la présence aimante et silencieuse du Christ au cœur de nos communautés, de nos villes et de nos vies. La lumière rouge du tabernacle de nos églises nous le rappelle. L’adorer en silence est notre seul recours !

Aimer jusqu’à s’identifier : le Christ a fait de nous des fils et filles du Père dans l’Esprit Saint. Lui seul pouvait le faire car Homme et Dieu, il participe de notre humanité et de la divinité. Lui seul pouvait transfigurer le pécheur en fils/fille, saint et pur devant le Père. Lui seul pouvait mettre l’amour au-dessus de tout. Notre être est bouleversé car il accède au divin par le Christ et vit du divin dans l’Esprit saint. L’Eucharistie est cette présence aimant du Christ, irruption de l’amour dans notre quotidien, pont entre le Ciel et la Terre, unité du monde visible et invisible. Tout ce qui existe célèbre alors la Trinité en ce moment sublime de louange et de communion !

  1. 3. Conclusion : Dieu se donne

La Fête-Dieu est le rappel que l’amour a vaincu et que l’amour se donne encore à nous.

La Fête-Dieu est la célébration du Christ ressuscité qui se rend présent pour le bien des croyants.

La Fête-Dieu est l’adoration du Saint Sacrement, présence réelle du Christ dans son Église.

A la Fête-Dieu, en procession, dans nos merveilleuses cathédrales ou dans le silence de nos modestes églises, nous communions dans l’amour pour être plongés dans l’amour de la Sainte Trinité.

P. Francis

 

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